Atelier international d'urbanisme à Genève

- Urbanisme

Dans le cadre d’échanges internationaux entre 2015 et 2017 autour d’enjeux et de propositions d’urbanisme à Montréal, Genève et Bruxelles, un premier atelier international est organisé à Genève à la session d’été 2015 (fin août). Cette collaboration, entre des professeurs-chercheurs de l’Université de Montréal, de l’Université de Genève et de l’Université Libre de Bruxelles, permettra à un groupe de 5-6 étudiants de chacune des universités de participer à un projet commun au cours des trois prochaines années.

Le cœur du projet consiste en l’organisation d’un atelier international d’urbanisme. Construit sur un principe générique qui est celui de la recherche-action, l’atelier décline la proposition à présent largement partagée selon laquelle le projet est, en matière d’aménagement, un outil de production des connaissances qui articule les « registres du concept, de la description et de l’imagination » (Vigano, 2012). Pour ce faire, les étudiants bénéficieront des expertises pluridisciplinaires de partenaires et d’experts reconnus. Les travaux produits dans le cadre des ateliers seront présentés et discutés publiquement devant un panel de parties prenantes.

L’atelier de 2015 à Genève
L’atelier s’intéressera aux politiques d’aménagement propres à redistribuer les organisations internationales sur le territoire du « Grand Genève ». Présentement regroupées sur un principe résultant du zoning des activités, les organisations internationales s’agglomèrent au gré de critères relevant de la proximité répondant à une loi tacite voulant que les différents offices ne soient pas localisés à plus de dix minutes de l’ONU. Ce principe crée une forte demande de bureaux dans un fragment de territoires qui pourrait être dévolu à d’autres usages et insinue une forme d’urbanisme d’exception (au sens d’état d’exception), dans la mesure où des dispositifs dérogatoires aux règlements d’urbanisme sont mis en oeuvre de manière à répondre la demande des organisations internationales. La mise en service d’une future ligne ferroviaire reliant la gare centrale de Genève à la ville française d’Annemasse offre toutefois des potentiels de redéploiement des organisations en question, notamment en réduisant l’enveloppe spatiotemporelle de l’agglomération. Ce redéploiement pourrait par ailleurs satisfaire à la « nouvelle » Genève internationale, celles des organisations non gouvernementales, en recherche de locaux à coûts moins prohibitifs et parfois désireuses de s’établir en France voisine. Ce sont ces différents scénarios que devront tester les étudiants impliqués dans l’atelier genevois. Ils devront également identifier les outils propres à inciter une relocalisation des organisations internationales et évaluer la part que cette redistribution pourrait prendre dans les accords conclus entre Genève et son arrière-pays français visant à « céder » des emplois aux communes françaises et à accueillir du logement sur son territoire.

Partenaires associés

Institut d'urbanisme – Faculté de l’aménagement, Université de Montréal
Sébastien Lord, professeur adjoint

Département de géographie et environnement de la Faculté des Sciences de la société de l’Université de Genève
Laurent Matthey, professeur assistant

Centre de recherche METICES, Institut de Sociologie, Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université libre de Bruxelles
Pierre Lannoy, professeur